Nous avions dit : « on restera deux semaines dans le sud pour se poser un peu ». Finalement, rester au même endroit pendant longtemps, ce n’est pas trop notre truc. En plus le temps, n’est pas aussi calme que prévu. Les Tobagos ne sont abritées que par une barrière de corail qui laisse quand même passer la houle à marée haute et qui ne permet pas de s’abriter des alizés qui sont plutôt forts en ce moment.
Nous passons donc une troisième nuit à l’abri entre deux îles et nous offrons la quatrième (qui est gratuite en fait) au parc marin naturelle que nous quittons au petit matin.
Tobago Keys – Petit Saint Vincent
Avant d’entamer la remontée, et comme nous avons le temps, nous parcourons quelques milles marines pour passer entre deux confettis sur l’étendue bleu-turquoise, Morpion et Punaise pour rejoindre la toute dernière île des Grenadines de Saint Vincent : Petit Saint-Vincent.
C’est une île privée, mais nous trouvons un mouillage abrité et comme d’habitude dans ce cas, nous explorons l’île par l’extérieur, en canoé. L’année derni1ere nous nous étions arrêtés juste en face, à Petite Martinique, qui fait partie des Grenadines de Grenades. Nous sommes juste à la frontière.
GROSSE ANGOISSE cette nuit !!! Je me réveille vers 2h du matin (ça m’arrive souvent). J’en profite pour vérifier le mouillage car nous sommes seuls sur un mouillage qui peut déraper. Avec le spot, je repère une superbe raie léopard qui doit être en train de chasser autour du bateau. Je la suis avec le spot quand tout à coup, à quelques dizaines de mètre de nous, j’illumine un gros bateau de pêche, qui est là, tous feux éteins. Quel coup au cœur ! J’éteins vite ma lampe et passe un moment à observer, très inquiet. J’entends quelques voix, je repère le faisceau de quelques lampes…pas plus.
Du coup, on prépare le nécessaire de détresse, la VHF, on ferme tout et on attend sans bruit… Le temps passe. Des bateaux rapides qui font un boucan infernal dans la journée, passent en silence près de nous pour rejoindre le bateau de pêche puis repartent en silence. C’est tendu !
Finalement, au petit matin, après nous être assoupis, nous émergeons à nouveau seuls. Ouf !
On est juste à côté de la frontière. Ça devait être des trafiquants. De quoi ? Il vaut mieux ne pas savoir…
Maintenant que le jour est revenu et qu’il fait relativement beau, nous en profitons pour retourner en annexe sur Morpion, pour poser le pied et surtout explorer le récif autour.
Petit Saint-Vincent-Chatham Bay (Union)
Après ce petit détour, nous faisons un saut de puce pour rejoindre l’île Union et la baie de Chatham qui est bien protégée sous le vent de l’île.
Ce soir, c'est spectacle à bord de Sunlite! Très beau. Bravo !
Très belle baie que nous explorons en canoë. Les fonds par contre sont bien abimés. Dommage.
Chatham Bay-Bequia
Belle navigation, qui nous oblige cependant à nous éloigner d’une heure de Bequia. Et oui, Yalifu n’arrive pas à remonter au vent au-dessus de 35/40 degrés. C’est donc la nature qui décide. Nous finirons au moteur pendant plus d’une heure pour rattraper le cap prévu et atteindre Bequia.
Il est temps de faire un peu d’avitaillement et de remplir les papiers de sortie (douanes/immigration).
Bequia – Petit Piton (Sainte-Lucie)
Les distances sont longues pour rejoindre la Martinique. Où s’arrêter sans être rackettés par les « boat boys locaux » ? Ils sont de plus en plus agressifs, il faut bien le dire et en cette saison sans touristes, ils sont sur les dents.
En arrivant sur Saint Lucie, nous croisons un groupe de globicéphales. Magique!
Juste avant la nuit nous avons dépassé Saint-Vincent et face aux pitons de Sainte Lucie, nous sommes contraints de nous arrêter avec la nuit. Nous essayons de nous éloigner du village en pensant nous faire oublier, mais les « boat Boys » veillent et nous obligent à prendre une bouée pour la nuit. 20 USD. Vous allez me dire que ce n’est pas grand-chose. Sur une semaine de voyage comme le font les charters ok, mais sur un mois et demi de voyage, c’est un budget. Et puis c’est cautionner un système qui s’est mis peu à peu en place. Je n’ai pas l’impression que cet argent profite aux villages ou aux familles de pêcheurs. Alors on essaye d’éviter. Surtout qu’ils ne sont pas très sympas.
Bon le décor est magnifique. Ça rattrape de l’accueil.
Sainte-Lucie – Anse Noire (Martinique)
Nous voulions changer un peu et dépasser les Anses d’Arlet où nous nous sommes arrêtés souvent.
Bien que très fréquentée dans la journée, c’est une belle découverte. Hors de l’eau et sous l’eau. Bel herbier malgré la fréquentation et le mouillage à l’ancre, des murs de coraux en bonne santé, beaux poissons. Belle étape.
(Vidéo sous marine à venir)
Anse Noire – Anse Mitan (Martinique)
Nous nous déplaçons aujourd’hui de quelques centaines de mètres pour nous ancrer à Anse Mitan. C’est une belle plage, très locale. Celle-ci se termine par une petite marina et quelques services pour les plaisanciers. Il manque quand même une petite superette.
Petite sortie apnée avec l’annexe pour faire le tour de l’ilet à Ramiers qui est une zone protégée. Jolis fonds sur une zone assez réduite sous le vent de l’île.
(Vidéo à venir)
Nous profitons de notre proximité avec Fort de France pour louer une voiture pour la journée, histoire de faire un peu de shopping et essayer de trouver une pompe pour le frigo qui est en PLS.
Pas de pompe (le frigo tiendra finalement jusqu’à Saint- Martin), mais bonne virée chez Décathlon qui reste quand même une référence niveau matos de loisir. Pour ceux qui nous suivent depuis le début, il n’y a pas beaucoup d’articles sans produit Décathlon autour de nous. On aura été de vrais ambassadeurs (non rémunérés malheureusement) de la marque hihi !
Notre virée chez Carrefour tourne court. Nous sommes sidérés par les prix. Nous pensions que Saint-Martin était cher, mais là… Je comprends mieux les manifestations de cette année !
Martinique – Mero (Dominique)
Très longue étape. Nous arrivons à la tombée du jour. Juste le temps d’ancrer exactement là où nous étions à l’aller et d’une petite baignade.
Dominique – Les Saintes
Depuis quelques temps, nous jonglons avec les variations de vent, de vagues, les grains. Nous changeons plusieurs fois de voilure en cours de route. C’est une bonne école. Nous restons prudents, même si Yalifu nous pardonne nos erreurs.
La mer est forte, la houle rentre dans la baie des Saintes. Nous passons une nuit abominable à rouler d’un côté et de l’autre (petite pensée pour les monocoques !). Pour une fois il nous tarde de partir de ce mouillage qui d’habitude est un petit paradis.
Les Saintes – Malendure (Guadeloupe)
Bonne étape, avec une bonne partie à la voile malgré les perturbations créées par la Soufrière.
Surprise en arrivant. Une soixantaine de bouées d’amarrage ont été placées le long de la plage de Malendure, face à la réserve Cousteau.
Renseignements pris auprès d’un bateau de plongée, nous apprenons qu’elles ne sont pas encore payantes (à la fin de la saison cyclonique sûrement). Nous nous installons donc pour profiter du lieu en toute sécurité.
Chaque mouillage est un récif artificiel (ils ont dû faire un concours d’architecture, il y en a de toutes les formes et matériaux) où s’agitent déjà quelques poissons. C’est une bonne idée. Les plaisanciers auront un récif à observer sous leur bateau et la faune aura 60 récifs pour s’abriter.
Nous allons en annexe jusqu’à l’îlet Pigeon pour faire ensuite le tour de la réserve en apnée. Très joli. La protection paye à la longue.
(vidéo à venir)
Guadeloupe – Jolly Habour (Antigua et Barbuda)
Cette fois nous sommes dans le bon sens et le vent est favorable pour aller à Antigua. Comme il nous reste presqu’une semaine pour rentrer à Saint-Martin, nous décidons de passer un peu plus de temps autour de ces deux îles.
Jolly Harbour – Deep Bay
Les conditions ne sont pas du tout favorables pour passer de l’autre côté d’Antigua comme prévu. Nous faisons donc demi-tour devant Saint John, la capitale pour nous réfugier dans une petite baie bordée d’hôtels, Deep Bay. Très agréable.
Deep bay – Great bird Island
La météo est enfin favorable. Nous partons pour la côte au vent d’Antigua. La côte est protégée par de nombreux récifs qu’il faut éviter. Nous sommes attentifs.
Un chenal a d’ailleurs été creusé pour que les gros navires puissent passer et atteindre la côte. Nous préférons l’utiliser pour limiter les risques, même si la cartographie est assez précise, on ne sait jamais.
Seuls au monde…
Great Bird Island – Long Island
Au retour, nous décidons de nous arrêter dans une baie de Long Island. C’est une île privée sur laquelle il y a d’immenses villas de location (des stars très connues y ont leurs habitudes), un hôtel de luxe et quelques propriétaires comme Oprah par exemple qui a été une des première à y avoir « un pied à terre ».
Comme d’hab’, on s’incruste et nous explorons en canoë sous l’œil des vigiles et des caméras . Très beau.
Long Island – Jolly harbour
Nous avions prévu de faire un tour à Barbuda, mais au regard du temps qu’il nous reste pour rejoindre Saint-Martin et de la météo qui annonce une dépression dans quelques jours, nous retournons sur Jolly Harbour pour faire la clearance de sortie.
Après avoir accompli les formalités de sortie, nous ne pouvons pas résister à l’envie de faire un tour de canoé au milieu des petites maisons de la baie. Même si la plupart sont vides pour la saison cyclonique, j’adore cette ambiance « Floride ».
Jolly Harbour – Baie de Colombier (Saint Barth)
Très belle navigation avec de jolies pointes à 9 nœuds, quelques grains, et malgré cela nous arrivons tard à Saint Barth. Dernier mouillage de notre périple. Ça sent la fin des vacances.
Baie de Colombier – Baie de Grand Case (Saint – Martin)
Nous voici de retour à la maison. Nous avons 3 jours pour reprendre le rythme avant la rentrée.
Ce fut encore une fois un beau périple.
Nous avons beaucoup plus navigué à la voile (mois d’un plein de diesel pour plus de 800 miles parcourues), pas de casse, pas mal d’apnées, de nouveaux mouillages, de balades. …
Nous vous donnons rendez-vous pour d’autres aventures.
Bonne rentrée à toutes et à tous
Fred et Christel